Comment réagit-on quand on vous demande de doubler Vin Diesel en Wolof ?
Au début, j ai cru à une blague. Vin Diesel, c est une icône mondiale. Dom Toretto, c est un personnage que j ai vu au cinéma depuis que j ai 15 ans. Et là, on me demande de lui donner ma voix, en Wolof.
Mais Modou était sérieux. Il m a montré les extraits du film, le studio, le processus. Et j ai compris que c était professionnel, rigoureux. Ce n était pas un projet amateur.
Qu est-ce qui était le plus difficile techniquement ?
Le lip-sync. Quand vous doublez, vous ne traduisez pas mot à mot — vous adaptez pour que les mouvements de lèvres correspondent. En Wolof, certaines structures de phrase sont très différentes du français ou de l anglais. Il faut trouver des équivalents culturels qui sonnent naturels en Wolof tout en restant synchronisés avec l image.
Il y a des scènes où Dom dit quelque chose en trois syllabes et en Wolof ça prend six. On doit retravailler complètement l adaptation.
Que représente ce projet pour le cinéma africain ?
C est historique. Ce n est pas un mot que j utilise facilement, mais là oui. Pour la première fois, un film de cette taille — 300 millions de dollars, des stars mondiales — est présenté dans notre langue. Ça dit à tous les jeunes Wolofphones : votre langue a sa place dans le cinéma mondial.
